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Sig Melvin est un militaire étranger d’origine haïtienne. Il était de passage en Haïti entre mai et juin de cette année dans le cadre de ses vacances. En exclusivité, Haitiz-News vous propose 9 de ses  profondes observations.

 

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Dans les républiques, les lois sont les vraies boussoles des acteurs de la fonction publique et les moyens de régulation des sociétés. Les perceptions d’embrouillement sont souvent dissipées, de loin ou de près, par les lois quand elles sont utiles pour remplir le rôle d’outils de défense, d’illumination, et de sérénité.  Il semblerait une tâche facile pour que les sociétés démocratiques républicaines fonctionnent dans l’ordre, la tranquillité et l’efficacité en vertu de la dictature des lois. Sauf que, trop souvent, il n’existe aucune méthode sensée d’implémenter les mesures régulatrices.

 

Le problème des mesures administratives en Haïti est qu’elles sont contre-productives. Qui fait les lois ? Qui fait respecter les lois ? Et comment implémenter les lois dans les contextes actuels, souvent inappropriés ou idéalistes ? Ces questions se posent généralement durant l’élaboration des lois. Une pratique méticuleuse de la gouvernance et de la fonction publique. Si vrai qu’il y ait eu une administration publique à compétence minimale, on n’aurait aucune raison de douter sur les principes rationnels et les retombées légales. Car, fondamentales pour l’exercice de la fonction publique, les lois seraient substantielles et autosuffisantes.

 

Réguler dans l’ignorance, l’incompétence, ou mépris des méthodes d’implémentation - les lois peuvent devenir la ligne de sécurité pour de nouveaux voyous, corrupteurs, et criminels endurcis de l’État. En d’autres termes, les lois sans les moyens efficaces d’implémentation ne font qu’ouvrir une fenêtre d’opération pour des bandits. Si la structure d’implémentation est inopérante, on ne fait que créer des lois bancales, - lesquelles peuvent devenir les moteurs de trouble et de corruption. Dans le contexte actuel, il me semble inconcevable de penser aboutir à quelque chose dans le pays sans un raccourci, sans voir un chef, ou filer des pots de vin. 

 

Réfléchissez tout simplement sur ce qui suit. Pour tinter sa voiture en Haïti, il faut un permis dument délivré par les autorités. La loi instruit de se rendre à un service spécialisé qui n’est pas prêt à fournir le service. Donc, les policiers offrent leurs services à des prix fixés selon leur humeur et/ou selon leurs besoins financiers. Au bout d’une semaine en Haïti, j’ai entendu des prix allant de 2500 gourdes à US $ 200 pour un permis.  Soit on attend l’éternité pour obtenir le permis par les voies légales, soit on paie les policiers, ou on appelle son ami « chef ». Le classique dilemme de la majorité des Haïtiens.

 

S’il faut réduire la corruption en Haïti, il faut des lois qui peuvent être implémentées sans produire de nouveaux corrupteurs. Quelque chose qui semble être difficile à achever sur la presqu’ile. Mais tout à fait possible. Il faut éradiquer les mauvaises pratiques des rues et de l’administration. Encore possible, mais pas avant que les services soient mieux équipés pour implémenter les mesures. Et que de nouvelles prisons soient construites pour se débarrasser de ceux qui ne jurent que par la corruption.

 

La position d’Haïti année après année dans les classements sur la corruption et la transparence devait offenser à tout prix. Ce que les rapports expriment est un fait simple : la corruption une composante presque de l’Etat. Quand on aura décidé à développer les capacités d’agir dans la transparence, il faudra impérativement commencer par réguler tout en mobilisant les moyens d’exécuter les lois en toute civilité.