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Sig Melvin est un militaire étranger d’origine haïtienne. Il était de passage en Haïti entre mai et juin de cette année dans le cadre de ses vacances. En exclusivité, Haitiz-News vous propose 9 de ses  profondes observations.

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La politique est souvent perçue comme étant cette science monstre avec les détours des plus macabres. En partie, le cynisme qu’elle affiche contre l’objet humain en est la cause. Néanmoins, ses pratiques plus humanistes ont bien transformé nos sociétés. On en connaît les plus brillantes, celles qui ont reversé le mauvais cours de certains états à des moments sombres de leurs existences.

Parlant de pratique, la politique moderne des démocraties occidentales est empreinte d’un besoin fondamental pour l’exercice du pouvoir. Quelque chose qu’on aurait pu appeler : de la civilité dans les faits et les dits, - dans la gouvernance. On pourrait bien la considérer comme étant une des vertus bienséantes parmi l’honnêteté, la transparence, et la sincérité - brute. Vertu qui peut si bien être identifiée à une certaine fidélité au bonheur du peuple.

En Haïti, la campagne d’un n’importe quel élu est souvent ancrée dans une cadence poétique. On promet les cieux et les océans. Pour le peuple, voter est un acte de foi en un certain candidat. Mais le bon sens exige qu’après les campagnes, on coupe court aux vices politiques pour œuvrer dans le respect pour le peuple qui souvent ne comprend rien dans rien. Que l’on mette du temps à penser ses politiques en vertu du possible et agir dans la transparence, l’honnêteté et l’intérêt du gros peuple. Surtout quand les voies rationnelles deviennent, pour le moins, leurs propres inculpations.

Des mois après les élections, les promesses surgissent encore comme des enfants de mauvais passage. Elles arrivent mort-nées des lieux des vices politiques aux dépens du bon sens. Dites-moi quel contresens est capable d’expliquer l’indécence du salaire minimum contre les prix des denrées? Quelle mesure adopter pour que le gros peuple ne soit pas écarté des apparences d’effort en énergie, en agriculture, en éducation, et en sante ? Dites-moi quelle transformation voyez-vous venir au sein des classes sociale et économique de votre modèle de développement? Parlant d’état d’urgence, de quel lieu que la réorganisation d’une armée puisse coïncider avec l’état d’urgence ? Quelle réforme administrative pour ces lourdes promesses ? Quel miracle pour arriver à un équilibre social entre mesquineries élitistes et les besoins du gros  peuple.

Ce serait de l’ignorance malveillante de noter que du pessimisme dans les interventions. Mais il y a un manque de civilité quand on compare les mille réalités des rues de Port-au-Prince aux moments forts des discours politiques. Il faut noter certaines légèretés au regard des défis de la société. Le creux entre l’articulation des promesses et les ressources de leur atterrissage ? L’écart entre les solutions et l’accès aux solutions. Les espoirs ne manquent point. Mais à quel prix? A moins que le gros peuple se trouve un moyen d’intégration, le paquet élémentaire eau, terre, vent va vraisemblablement accroitre la marge des disparités sociales.

Je retournerai sur mon lieu d’observation, - étonnant passager. Mais cette fois, je me rappellerai qu’entre les discours et les réalités, il existe d’énormes manques à gagner. Quand, devant le congrès Illinois, Obama a évoqué la nécessité pour le peuple d’exiger de leurs élus un minimum de civilité étant un impératif pour servir leurs mandants, il pensait à cette obligation faite aux élus de défendre dignement les droits des plus vulnérables et de servir aux besoins de leurs mandants avec humanisme et honnêteté. Pour le paraphraser, moi, je dis pour servir tous ceux qui, en leur façon, continuent d’espérer du bien concret de cette terre. En leur nom, Messieurs les heureux élus, je réclame un minimum de civilité de vous et de vos compagnons pour servir ce pays.