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Là où d’autres pensent qu'Haïti est 5 fois "le problème de l’Education", le Président de la République, Jovenel Moise, estime qu’il est de préférence « Corruption » exposant 5.

Dans une vidéo diffusée, ce jeudi, par la présidence, il en parle en connaisseur. Normalement, non ?  Un président est logiquement détenteurs des informations les plus fiables sur un pays, le temps de sa gouvernance, tout au moins.

Corruption exposant 5 en Haïti: Ça n’a pas l’air d’une nouvelle. Cette perception traine les trottoirs.  Mais en communication, le porteur d’un message est souvent plus important que le message. Car la valeur et l’importance des mots d'un message sont à considérer en fonction de la personne de son porteur...

Pour une affaire de blanchiment et de corruption, le président reste à polir ou non par la justice. De ce fait, écartons, dans ces lignes, qu’il parle d’expérience. Considérons, en toute bonne foi, que des actes de corruption qu’il a pu constater particulièrement ces 6 derniers mois, il en a ras le bol : récemment il a révoqué un de ses ministres pour une affaire de surfacturation. Bref !

Parlant de corruption, de l’avis des opposants du pouvoir en place, une justice véritablement indépendante aurait actuellement du pain sur sa planche dans le pays depuis le noyau dirigeant de l'Etat jusqu’au Président lui-même. Corrompu ou corrupteur, comment peut-on comprendre et situer la corruption ?

Les grands bouleversements qu’a connu le monde, spécifiquement dans sa dimension géostratégique, depuis la fin de la guerre froide ont réorienté la nature des conflits, selon Qiao Liang et co dans « guerre hors limite ». Les doctrines de sécurité nationale deviennent moins hermétiques car les conflits de nature interétatique sont relégués au second plan pour facteurs générateur de tensions plus transversaux, plus transnationaux et plus insaisissables.

Dans les Amériques, cette réalité a été comprise très tôt dans les années 90 avec la création de la Commission sur la Sécurité Continentale, au sein de l’OEA. Sa tache consistant à redéfinir les concepts de sécurité dans l’hémisphère a achouché, en 2003 à Mexico, la Déclaration sur la Sécurité des Amériques. Dans ce document, les pays affirment que la sécurité est désormais multidimensionnelle dans le continent et qu’elle inclut des menaces traditionnelles et nouvelles.

Parmi les nouvelles menaces, on peut noter, entre autres, l’inégalité sociale, l’extrême pauvreté, le terrorisme, le trafic de drogue, le blanchiment des avoirs… la corruption.

Dans la communauté des nouvelles menaces, la corruption joue un rôle central. C’est un élément vecteur qui constitue un problème majeur pour le développement, selon les Nation Unies. La définition de la corruption est élastique mais retenons celle du PNUD disant qu'elle est l’utilisation d’un pouvoir pour tirer des avantages privés. A un niveau ou à un autre, l’organisation mondiale signale que la corruption touche tous les pays de la planète, riche ou pauvre.

Plus profondément, Phillip Le Billon fait une considération qui attire mon attention. Pour lui, la corruption fait partie du tissu social et politique des pays. En ce sens, il estime que le déclencheur des conflits intraétatiques, aujourd'hui particulièrement, n’est pas la corruption en elle-même mais les changements de modèle de corruption. L’histoire d’Haïti ne va le démentir.

Le professeur Michael Collier estime lui que les effets les plus importants de la corruption sur le développement des Caraïbes sont dans la production économique totale à savoir le PBI par habitant, la formation de capital, et la primauté du droit. Les niveaux de corruption des Caraïbes affectent également les systèmes éducatifs, sanitaires et autres ; ils provoquent l’inégalité sociale et l’extrême pauvreté et empêche la mobilité sociale.

La Corruption n'est donc pas une spécifité haitienne. Mais dans la région des Amériques, l’indice de corruption le plus élevé, selon les derniers rapports de Transparency International, est celui d'Haiti. C’est certainement l’une des raisons expliquant qu’il est le pays le plus pauvre de la zone.

 De la corruption le pays en a à revendre 5 fois. Mais au lieu d’expérimenter les 5 en même temps les 5 de jovenel, ne serait-il pas bon, dans la logique de Phillip Le Billon, d’aider Haïti à en choisir le modèle de corruption le plus sexy pour l'amélioration de ses conditions? Partout dans le monde, on estime que tout l’enjeu est dans ce choix.

 

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