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Ce 10 décembre, Emmanuel Charlemagne a fait le grand voyage pour rejoindre Manno qui l’attend depuis plus de 22 ans dans l’au-delà pour un brulant procès d’homme à homme. La question initiale sera certainement « Pourquoi m’aviez-vous fait ça aux pas des portes de la Mairie ? »

Avant ce 10 décembre, personne n’oserait dire Adieu Manno par amitié pour Emmanuel Charlemagne ou par crainte que ce dernier sort à flot ce qu’il savait dire au blanc quand il fut Manno.

Depuis sa gestion, pour le moins, catastrophique en tant que maire de la capitale haïtienne entre 95 et 99, Emmanuel Charlemagne ne fut plus digne d’être le porteur des messages de Manno. Partant de cette période, sur scène, le décalage entre sa personne et les chansons « banm yon tilimyè », « lepoukwa, lekoman », Leta, laboujwazi, Lepèp », « le mal du pays » … fut énorme, palpable et ennuyeux. En ce sens, ce 10 décembre lui est peut-être un ouf de soulagement.

L’album La fimen (1994) est la dernière parole de Manno, le reste c’est de l’Emmanuel Charlemagne, de l’art pour l’art.

Des faits d’Emmanuel impactaient certaine fois négativement l’image de marque qu’est Manno. Récemment, en 2015, des personnalités de la gauche et/ou de l’ancienne gauche haïtienne dénonçaient la présence d’Emmanuel Charlemagne parmi les membres de la commission présidentielle de vérification électorale pour manque d’impartialité. Par son orgueil, il fit marche arrière. C’est en quelque sorte, le dernier acte à retenir de la vie publique du personnage.

Cependant, par-dessus tout, pour avoir porté Manno en lui, Emmanuel Charlemagne a le mérite d’un vibrant hommage car porter Manno fut une grande responsabilité, un grand sacrifice. Manno fut plus qu’un artiste ou de simple note de musique ou une tonne de belles paroles. Manno fut un diamant sorti de la matrice de la terre pour rendre, par son talent, son âme sans demi-mesure à toute une nation sans esquiver l’humanité. Manno fut un coquillage de vérité à illuminer les esprits, des chants à reconstruire l’espoir et l’éternité en béton armé.

Ce Manno, Manno, pouvait vivre, parmi nous, l’égal du temps d’Emmanuel Charlemagne, si respectait à la lettre « the right man and the right place ».